Vos paupières sont lourdes… On a testé pour vous l’hypnose relaxante

L’hypnose, pendant longtemps décriée, jugée dangereuse et parfois même un peu occulte, est aujourd’hui une pratique à la mode. Excités à l’idée de jouer les Mulder et Scully, il est temps pour nous d’explorer de nouvelles contrées, de nouvelles expériences, cette fois-ci aux confins du rêve et à la frontière du réel avec le conte et l’hypnose, en Bourgogne.

Nicolas, hypnotiseur à Chalon-sur-Saône nous accueille pour une expérience assez particulière. Un rendez-vous avec une conteuse, Anne, qui va nous raconter une histoire tandis que nous sommes plongés dans un bain chaud. Enfin, façon de parler, puisque nous serons dans les faits installés confortablement dans canapés et fauteuils, les yeux fermés et les muscles détendus pour se délecter d’un conte d’une demi-heure. Avec nous aujourd’hui dans le cabinet de Nicolas, adoucis par une ambiance tamisée, deux autres participants séduits par l’activité du jour.

Pourquoi mêler le conte et l’hypnose ? Pour Nicolas et Anne, ces deux amis de longues dates, cette pratique est apparue naturellement. Ils sont unanimes : « nous souhaitons faire rêver les gens autrement ». Et qu’y a-t-il de mieux que le conte pour rêver ? Effectivement, on peut penser à des souvenirs enfouis, comme ces vieilles cassette audio avec Marlène Jobert qui nous susurrait des histoires de l’apprenti sorcier enfant, une de mes madeleines de Proust au même titre que les films de Jean-Claude Van Damme, soit dit en passant. Mais Anne se défend tout de même du côté enfantin du conte. « Les contes, à la base, étaient là pour raconter le monde, il permettait de répondre à des interrogations. En Afrique par exemple, les conteurs s’adressent à tout le monde, à chacun petit ou grand de le comprendre avec son niveau d’interprétation ». Finalement, il est même encore plus important pour les adultes : « le conte permet de lâcher prise, et de se jouer des tracas du quotidien ». Exit les charges et le loyer, on est là pour rêver !

Hypnotize me

Nicolas, affable et très ouvert sur sa pratique, nous explique que l’hypnose peut marcher avec tout le monde, à condition de bien vouloir se faire hypnotiser. « Parfois, les adultes n’osent pas. Il faut un moment d’adaptation pour lâcher prise ». Et puis il existe également une vision un peu biaisée de l’hypnose que l’on voit dans les spectacles ou dans les films. « Les gens peuvent être aussi déçus, car ils ont une vision un peu magique de l’hypnose, avec un chapeau pointu et des pendules ! ». Entre Messmer, l’hypnotiseur star qui nous fait cracher notre numéro de CB et le serpent Ka dans Le Livre de la jungle, il y a de quoi avoir des doutes ! Aie confiance, crois-en moi…

Nicolas nous plonge dans un état de relaxation profonde d’environ dix minutes. Nous nous concentrons sur la respiration et l’importance de faire le point sur des parties de notre corps, un peu comme au yoga, ou comme dans Piège de Cristal avec Bruce Willis qui fait le point sur ses orteils. Une fois un certain bien-être atteint, Anne, avec sa voix douce et assurée d’une conteuse chevronnée, nous emmène dans un récit à la croisée des chemins entre une histoire tirée de notre enfance et un conte philosophique de Paulo Coelho. Dans cette histoire, il sera question d’une quête initiatique d’un meunier qui recherche un trésor, qu’il trouvera finalement à la fin de son périple, auprès des siens. Bien évidemment, le conte est amené à changer à chaque séance, donc pas de spoiler ici (à part que le meunier meurt à la fin).

D’un naturel stressé et très actif, je n’ai pas réussi à rentrer dans une phase d’hypnose mais cette sensation de bain chaud et d’apaisement fut pour moi une activité des plus agréables. À la fin de la séance, chacun prend le temps de parler de son ressenti et d’échanger autour d’une boisson chaude. Certains participants se sont assoupis, tandis que d’autres sont entrés en état d’hypnose, « une sensation de bien être, dans un état cotonneux ». 

Nicolas m’explique que dans mon cas, plusieurs séances sont nécessaire pour lâcher prise. «  L’hypnose n’est pas un état de transe, il faut juste arriver à faire le vide et se laisser aller ». J’ai compris que l’hypnose n’était pas une fin en soi, le but étant d’arriver à un état de relaxation afin d’intégrer un message positif. Celui du conte.

Texte : Julien Rouche
Photos : Édouard Roussel

Vous aussi, faites-vous hypnotiser !

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