Virée guidée à Chagny, au carrefour de toutes les routes

On s’est rendu dans la ville tranquille de Chagny, à l’extrême nord de la Saône-et-Loire. On y va pour jouer les touristes en plein mois d’hiver. Notre guide n’est pas Jésus, mais Véronique Mangold, plus motivée que jamais. Elle nous a fait découvrir toutes les merveilles de Chagny. C’est parti !

Gare de Chagny, toute mignonne avec ses murs roses bonbon. Dès notre arrivée, avec tapis rouge, on aperçoit une maxime philosophique inscrite sur la façade d’un vieux mur : « Ne se mettre à genoux que pour cueillir des fleurs ». On savait à l’avance que Chagny n’était pas vraiment le berceau de la philosophie antique. En revanche, on ignorait totalement que la ville regorgeait de choses aussi sympas à voir.

Véronique Mangold, notre guide

Entre nous, c’est pas forcément la ville que l’on mettrait en tête de la liste des « prochaines destinations de vacances à faire ». Erreur. On apprend tout ça grâce au savoir-expert de Véronique Mangold, guide touristique, qui travaille également pour l’office du tourisme du haut-pays beaunois. Beaune, c’est son fief d’ailleurs, le plan de la ville est tatoué dans son dos. La petite visite guidée ludique peut débuter, les pieds dans l’eau, la lumière dans les yeux.

Toutes les routes mènent à Chagny.

Chagny, sur la carte Michelin, c’est au carrefour de plusieurs axes. Véronique nous glisse de petites anecdotes historiques comme celle d’une girafe, un cadeau égyptien pour le roi Charles X, qui a transité par la ville. L’histoire de Chagny est intimement liée à celle des axes de transport qui se sont surtout développés au XIXème siècle. Chagny était d’ailleurs une ville de cheminots, placée sur la ligne Lyon-Paris. Anciennement, la N6 passait carrément dans Chagny. ça bouchonnait sévèrement au moment des grands départs en vacances, comme sur le périph’ parisien. Véronique nous chante d’ailleurs Route nationale 7 de Charles Trenet pour illustrer son propos. Le Canal de Bourgogne passe aussi.

La maison de Loydreau, réhabilité en mai 2010 par le service espaces verts de la ville

« Chagny est une ville de passage », nous dit Véronique. Une ville de va-et-vient, ce qui coïncide parfaitement avec le moment où la guide nous présente une vieille bâtisse qui n’était rien d’autre qu’une maison close. « On y boit, on y rit… Et bien plus encore », glisse-t-elle avec malice. Chagny est au coeur de la Bourgogne viticole et de la Bourgogne industrielle notamment, ce qui expliquait la présence de négociants en vin. Sous ses airs de petite femme fluette, Véronique ne marche pas entre les explications, elle cavale. Quand on sillonne la ville, on constate que ça foisonne toujours autant à Chagny, la ville vit. On y trouve beaucoup de commerces, pas mal pour un coin qui compte moins de 6.000 habitants.

La petite histoire illustrée de Chagny

Art, culture, architecture.

Chagny respire l’art, la culture et les belles baraques d’anciens négociants de vin et d’anciens notaires qui auraient limite pu payer l’ISF aujourd’hui, s’il existait encore. On commence le gros de la visite. Qu’est-ce qu’il y a de classe à voir ? La ville est émaillée d’oeuvres d’art contemporain. L’occasion d’admirer la sculpture de l’Octagon réalisée par l’artiste italien Richard Serra. Elle est située pile en face de l’église-Saint-Martin dont Victor Hugo admirait le clocher. « Il est très exactement à 13 mètres », nous lance Véronique, compas dans l’oeil. Le nombre 13 représente Jésus et ses apôtres dont un qui lui a bien fait à l’envers et que Jésus a supprimé de son Facebook. Bref.

La ville commence à ne plus avoir de secrets pour nous. On aura la matière pour bien frimer en société. La visite de notre guide est participative, pas le temps de bailler. « Maintenant, on va jouer ! » Il faudra donner de sa personne notamment au passage dans les jardins de la mairie. Avec les yeux bandés il faudra deviner ce que représente les sculptures de Peter Meyers. On ne précise pas à quoi ça ressemble, sinon c’est pas du jeu.

Outre les différentes activités bienvenues, on peut contempler les peintures d’Henri Vincenot, très portées sur la ruralité et le travail des champs. Cette méga star bourguignonne ne s’est pas seulement distinguée que par ses écrits. Si la maison de Loydreau, un ancien notable de la ville, est plutôt classe, le petit théâtre à l’italienne de Chagny va assurément subjuguer. Il est plus que charmant. « Pour la petite histoire, c’était un notaire de la ville qui l’avait fait construire pour sa maîtresse alors comédienne », nous renseigne Véronique. Vraiment beau. Sièges rouges, espace concentré. On avait presque envie de le ramener chez nous, mais il ne rentrait pas dans le TER Bourgogne-Franche-Comté.

On ne va pas tout dévoiler, mais visiter Chagny, c’est à faire au moins une fois avant de mourir à cause du cholestérol, ça vaut grave le coup. Le must reste de le faire en famille, avec ses enfants. Véronique vous permettra de vous coucher beaucoup moins bête et de vous faire passer un bon moment au milieu d’une ville dont on sous-estime l’intérêt au premier abord. Puis vous pourrez clore tout ça avec un petit Lameloise, un gros resto 3 étoiles… Mais économisez avant.

Texte : Mhedi Merini
Photos : Edouard Roussel

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