Tranquilles, Maud et Julien élèvent des faucons à Bibracte

La Gaule ça vous connaît ? Vercingétorix et Alésia n’ont certainement plus de secret pour vous, mais connaissez-vous Bibracte ? Ce village gaulois disparu est enfoui sur le mont Beuvray, dans le sud Morvan. Surtout, savez-vous que l’on peut s’initier à la fauconnerie là-bas ? Immersion.

Bibracte était la capitale du peuple celte, celle des Eduins. C’était un important carrefour commercial au premier siècle avant Jésus Christ. Aujourd’hui, on y trouve un musée et un site archéologique en lieu et place des vestiges de la ville, enfouies sous la forêt. Sur le hameau de La Garde, à côté de Bibracte, on retrouve dans leur maison un couple de fauconniers entouré de chiens-loups (!) et d’une vingtaine de variétés de rapaces allant de l’aigle aux buses de Harris. Petit conseil pratique : cambrioleurs, s’abstenir !

Birdland

Maud et Julien ont lancé leur entreprise familiale en 2008, après des pérégrinations diverses dans le monde de la fauconnerie, mais pas que ! Maud, par exemple, a une formation d’artiste-plasticienne. Lorsqu’elle en a eu marre de sa vie en région parisienne, en vraie amoureuse de nature, elle décide alors sans crier gare de faire un stage dans la fauconnerie. «  Si tu veux faire ce métier, il n’y a pas de diplôme ou de formation, tu dois trouver un fauconnier qui t’accepte en stage ». Julien, quant à lui, a eu une épiphanie dès le collège. Lors d’un stage en maison familiale, il se découvre une passion pour les oiseaux et devient très vite professionnel dans le domaine. Il a enchaîné ensuite dans des parcs et même dans l’armée. Oui, les rapaces sont utilisés à l’armée, ou dans les aéroports pour effrayer les oiseaux sur les pistes avant le décollage des avions (merci secouchermoinsbete.com).

Notre nouveau pote pendant la balade…

La rencontre entre nos deux fauconniers était inexorable et s’est faite dans un parc en Suisse. Après « quelques saisons au zoo » et une transhumance dans le Charolais, notre couple tombe amoureux du sud Morvan et du magnifique mont Beuvray, lieu idéal pour installer leur volière et passer l’agrément spectacle, sésame obligatoire pour proposer des représentations avec leurs différents oiseaux, comme à l’occasion de fêtes médiévales ou de temps de médiation avec le jeune public.

Envie de s’initier à la fauconnerie ? Retrouvez l’expérience de Maud sur Happy Bourgogne !

Vol au-dessus d’un nid de coucou

L’activité de Maud et Julien est cependant multiple. Outre les spectacles, les oiseaux sont également destinés à la chasse (on ne va pas à l’encontre de l’instinct primitif), et « travaillent » également sur l’effarouchement (c’est à dire faire peur aux pigeons et autres bêtes qui « squattent » un peu trop les monuments). Mais ce qui nous amène aujourd’hui à côté de Bibracte, c’est l’activité unique en France que propose la fauconnerie : une balade de deux heures sur le plateau du mont Beuvray avec les oiseaux qui suivent les randonneurs et qui évoluent à leur gré au sein de la forêt et du plateau.

Maud avec son animal préféré

Les oiseaux ont une vraie liberté et c’est impressionnant de les voir évoluer dans leur milieu naturel, d’assister à leurs piqués, de chasser et de se mouvoir au-dessus de nos têtes. Selon Maud, « Bibracte est déjà un endroit magique visuellement, le fait d’y ajouter les oiseaux multiplie la magie par deux ». On ne peut qu’acquiescer. Les randonneurs, par groupe restreint, peuvent profiter des oiseaux et du fauconnier pour un voyage en famille ou entre amis afin de découvrir leur univers propre. La randonnée dure environ deux heures, le départ est prévu sur le mont Beuvray, puis évolue entre plaine et forêt. C’est l’occasion pour les fauconniers de présenter les valeurs qui les animent. « Il y a une vraie volonté de proposer des activités en adéquation avec le respect des animaux », confie Maud. Et cela se ressent dans les activités proposées.

Malheureusement, le temps et les conditions météo ne nous ont pas permis de profiter totalement de cette randonnée avec les buses Harris. « Ce sont des oiseaux grégaires, c’est à dire qui évoluent en famille et qui nous considèrent d’ailleurs comme des membres de leur famille ». Ce qui explique la confiance de l’oiseau et sa propension à écouter Maud. On a malgré tout pu tester ce que l’on appelle une balade suitée, pour se rendre compte de la magie et du moment incroyable que l’on peut vivre dans ce genre de randonnée. « La liberté donnée aux oiseaux est très importante pour nous ». En effet, il est libre Max et je peux vous dire que nous l’avons même vu voler !

Ouvrez, ouvrez la cage aux oiseaux

De retour à la fauconnerie, on laisse les buses Harris qui nous ont accompagnés pendant le trajet pour rencontrer un petit faucon crécerelle qui nous appelle de sa volière. Normalement, il est le premier à sortir et à rencontrer les visiteurs de passage. Manifestement, il n’est pas très content qu’on lui ait volé la vedette. « Les oiseaux s’habituent vite à un rythme. Par exemple quand je travaillais dans des parcs, les oiseaux reconnaissaient leur chanson et étaient très excités dès que celle-ci commençait, ils savaient que c’était leur tour », raconte Julien. Visiblement, c’est ce qu’il s’est passé pour notre petit oiseau !

Pendant ce temps, le faucon crécerelle s’est posé sur ma tête et est venu manger un morceau de poulet sur ma main, redevenant le centre d’intérêt de la volière ! Ah, ces stars… Derrière cette anecdote cocasse, on comprend que les deux fauconniers prêtent une attention toute particulière à la psychologie de leurs oiseaux. Il existe une différence de caractère qui rend certains oiseaux plus farouches, plus adaptés pour la chasse, plus affables avec les visiteurs, etc. Cette initiation nous a ainsi permis de découvrir les oiseaux autrement, comme un instant privilégié sans le carcan du spectacle ou de la cage d’un zoo. Une communion avec la nature.

Texte : Julien Rouche
Photos : Edouard Roussel

Bonus : la vidéo comme si vous y étiez…

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