Si t’as jamais fait de Solex à 50 ans, t’as raté ta vie !

Lorsque les beaux jours arrivent, un besoin insatiable de renouer avec la nature se fait sentir. Lorsque vous résidez ou visitez Dijon, cela passe souvent par le magnifique canal de Bourgogne ; le cordon entre le centre-ville et la vallée de l’Ouche. Une balade verte que l’on peut faire en vélo, en roller, à pied ou… en Solex. En quoi ?

Solex (subst. masc.) : (le plus souvent marqué en majuscule) Cyclomoteur de conception simple, commercialisé à partir de 1946. Voilà ce que l’on trouve dans le Larousse. Une définition succincte d’un des derniers vestiges d’un véhicule du 20ème siècle dépassé technologiquement par les vélos électriques, Segway et autres Hoverboard.

Solex Story

Seulement, c’est sans compter sur l’effort de Philippe & Stéphanie et de leur entreprise Solex Story, basée à Plombières-lès-DijonLeur motto (à ne pas confondre avec leur Motobécane donc) : redonner ses lettres de noblesse aux vélomoteurs de leur jeunesse. L’aventure Solex Story commence il y a quelques années, au début de leur couple. Philippe, épris de Solex, peine à avouer à sa compagne cette passion dévorante. Elle, la fille de garagiste qui évolue au cœur des moteurs depuis sa tendre enfance… C’est un comble !

Une fois le cap de la gêne dépassé, l’idée commence à germer et le couple décide de se lancer dans l’aventure d’une vie : redorer le blason du Solex ! C’est d’abord en tant que réparateur qu’ils se lancent, et ça marche plutôt bien. Bon nombre de passionnés possédant un Solex ne roulant plus prennent contact avec le couple, ravi de pouvoir aider la communauté. Il faut dire qu’ils ne sont pas beaucoup en France à proposer cette prestation. En quelques années, ils sont devenus experts en la matière et connaissent tous les fournisseurs les plus efficaces afin de réparer n’importe quelle pièce. Aujourd’hui, des clients de toute l’Europe prennent contact avec eux pour réparer leur bien aimé ou pour acheter des Solex remis à neuf.

Philippe, de Solex Story, une entreprise basée à Plombières-les-Dijon

Back to the future

Forts de leur expérience et de leur envie de faire reconnaître un produit authentique, les deux entrepreneurs décident de se lancer dans la location de Solex grâce à leur armada personnelle (12 solex dans l’écurie). De quoi tailler la route en meute comme dans Easy rider.

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Dès l’arrivée dans leur atelier, on fait un saut en arrière. C’est retour vers le futur ; dans la grange à l’extérieur traînent des vestiges de Solex et de Motobécanes. A l’intérieur, un nombre impressionnant d’engins mécaniques, dont des modèles inédits de Solex pour enfant et même quelques véhicules de collection, comme une Renault Dauphine dans un état impeccable. Je me sens tout de suite galvanisé par la passion de Philippe, Stéphanie et de son père Patrick qui nous accompagnera. On voit au premier regard que c’est cet attachement au Solex qui anime l’entreprise du jeune couple, ce qui rend leur activité d’autant plus intéressante pour le profane que je suis.

Born to be wild

Après pas mal de questions sur le pourquoi du comment, et quelques précautions d’usages (les mœurs de la sécurité routière ont bien évoluée depuis 1946 et il faut désormais s’équiper d’un casque et d’une paire de gants pour circuler en Solex), notre périple peut commencer. Installé à deux pas du canal de Bourgogne, c’est l’occasion de traverser Plombières-lès-Dijon puis de tailler la route via la voie verte, vers des villages atypiques comme Velars-sur-Ouche, Pont-de-Pagny, Fleurey ou encore Mâlain.

Le long de la voie verte, une chose est sûre, c’est que personne ne reste de marbre face à la magie du Solex. Les gens arborent tantôt un sourire radieux, tantôt une mine étonnée tandis que quelques-uns nous font des signes de la main. Pour beaucoup, le Solex renvoie à l’enfance ou l’adolescence ; une nostalgie désuète qui fait du bien.

C’est d’ailleurs cette valeur que Philippe et Stéphanie défendent. Dans un monde où tout va extrêmement vite et où tout est dicté par la performance, le Solex se joue de ces codes et permet de flâner tout en profitant du paysage. Une ode à la lenteur qui permet de déconnecter du quotidien.

Slow & curious

Le pied au plancher (si je puis m’exprimer ainsi), le Solex ne dépasse rarement les 30 km/h, mais c’est largement suffisant pour ressentir les sensations. Le bruit du moteur et cette odeur d’essence nous ramènent à notre tendre enfance. Le Solex 3300 que l’on m’a prêté (un des modèles phares de la marque) a vraiment de la gueule. Philippe et Stéphanie ont décidé de les garder dans leur jus, ce qui leur donne un effet vintage sans fioriture du plus bel effet.

En vitesse de pointe, le Solex peut atteindre les 30 km/h.

Après quelques coups de pédales (il ne faut pas y aller de main morte) et une petite manip’ du starter, on est parti, tranquille. Pour ceux qui n’ont jamais essayé, le Solex fonctionne avec un système à galet qui entraîne la roue. Pour la plupart des modèles, donc, il n’y a pas de poignée de gaz. Le Solex roule tout seul et s’arrête quand on freine. C’est bon à savoir car cela peut surprendre à la première utilisation, même si Philippe et Stéphanie sont là pour briefer les novices !

Tour de France

Après quelques minutes d’utilisation, on ne peut que s’étonner de la maniabilité parfaite de ces engins. C’est petit, c’est pratique et quasiment sans effort ! On ne peut qu’arborer un large sourire en longeant le canal de Bourgogne, en doublant sans effort les cyclistes en pleine préparation pour le tour de France !

Après une bonne demi-heure de Solex, on rentre direction Plombières, le sourire aux lèvres, complètement détendu. Philippe et Stéphanie, toujours partant pour accompagner les curieux, sont des ambassadeurs parfaits pour cette pratique. Passionnés et affables, ils transmettent les valeurs d’une industrie française et d’une communauté qui se fait de plus en plus rare. Troquez votre Harley-Davidson pour un Solex, la nouvelle route 66 s’appelle la voie verte !

Texte : Julien Rouche
Photos : Edouard Roussel

Bonus : la vidéo embarquée

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