On a passé la soirée à mater les étoiles

À quelques encablures de Dijon, près du village de Corcelles-les-Monts, l’observatoire des Hautes-Plates vous accueille pour un voyage à travers l’univers et son immensité. Le commandant du vaisseau s’appelle Éric. On est parti pour une soirée en compagnie des étoiles. Dans le noir le plus complet.

 

Ça caille un peu, et il fait sombre. Aucun lampadaire autour de l’observatoire, sur le parking. On n’a pas vraiment l’habitude. « Vous allez devoir garder vos téléphones dans vos poches, vos yeux doivent s’habituer au noir » prévient Éric, notre hôte, dès notre arrivée sur place. Éric est un passionné, pur et dur. Il est tombé dans la marmite tout petit, en feuilletant une encyclopédie. On distingue à peine ses cheveux longs dans l’obscurité, qui lui confinent un air encore plus sympathique. Affable et bienveillant, ce doux-dingue d’astronomie va nous guider pendant toute la soirée dans l’observation des différents « objets », comme on les appelle. Étoiles, constellations, voie lactée, planètes… Le tout agrémenté d’explications plus techniques et néanmoins pédagogiques sur la vitesse, la lumière, la composition chimique des éléments. Autant dire qu’on n’avait pas retenu grand chose de nos cours de primaire et collège ; la remise à niveau n’a pas fait de mal.

La Bourgogne, terre d’astronomie

Au coeur du parc de la Combe à la Serpent, sur les hauteurs de Dijon, l’observatoire est équipé d’un télescope de 300 mm de diamètre. Cet outil – le dôme, la monture –  a été entièrement réalisé par les membres de l’association qui gère l’observatoire (terminé en 1985). Classe. On accède au plateau supérieur par une petite échelle, c’est exigu, on est à l’étroit, mais on se sent tout de suite dans un endroit particulier. Pour chaque observation, Éric tourne la coupole afin d’avoir la bonne ouverture en direction de l’objet. Le mouvement est impressionnant et ludique, ça fait du bruit lors de la rotation, on se croirait dans une tour de contrôle prêt à bombarder une horde sauvage qui nous attaquerait.

Toutes nos observations se feront dans la direction inverse de Dijon. « Trop de lumière, trop de pollution » éclaire Éric. Ce soir-là, on aura la chance de voir Uranus, entre autres (on ne vous dévoile pas tout le programme, d’autant qu’il varie en fonction du climat). Les explications d’Éric nous renvoient à la science mais aussi la place de l’Homme dans tout ça. À l’extérieur du dôme, on terminera la soirée à regarder les étoiles à l’oeil nu, les pieds sur terre. Eric nous file quelques tips pour trouver l’étoile polaire et d’autres éléments… sur fond de discussion mythologique. Le moment est chouette, apaisant. « Hier, on a fini à 7h du mat’ avec les potes de l’association ». On n’a pas le même rythme que notre guide, mais pour les accros, sachez qu’il propose aussi des excursions (pique-nique compris) avec « le 500 », le Dobson de 50 cm de diamètre, sorte de mégastar du téléscope.

« Vous saviez que la tour Philippe le Bon était un observatoire astronomique ? » Une dernière anecdote pour la route, qui fera plaisir aux Dijonnais. Il semblerait même que la célèbre tour du Palais des ducs était l’un des observatoires les plus importants d’Europe à l’époque. Quel coquin ce Philippe… En plus d’être la plus belle région du monde, la Bourgogne serait donc aussi terre d’astronomie ? C’est sûr.

Les expériences Happy Bourgogne de Eric, le baroudeur des étoiles.

Texte : Pierre-Olivier Bobo
Photos : Édouard Roussel

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *