Le ranch de Sylvie, paradis des alpagas du 21

En Bourgogne, on n’élève pas que des escargots. On est même bien branché exotique. En plus du bison et du kangourou, savez-vous qu’on trouve un élevage d’apagas et de lamas entre Tille et Saône ?

Passé le petit village de Chambeire, on avance sur un chemin de terre sur 1km. Au loin, un ranch. Ou ce qui y ressemble. On a une impression de bout du monde à seulement 20 minutes de Dijon. On pourrait être en Argentine, en pleine pampa. Ce ranch isolé, c’est l’élevage de Sylvie.

Nos petits potes les alpagas

Cette fille du coin (mais née dans le nord) a monté sa structure il y a 15 ans déjà et travaille seule. « J’en avais marre de ma vie de bureau. Je voulais faire de l’élevage. Mais pas de viande ». Pourquoi l’alpaga ? « C’est doux, facile à soigner, c’est beau ».

Des huacayas, bien épais, molletonnés, comme des nuages. On a envie de s’assoupir dessus.

Un alpaga, c’est un cousin du lama, un camélidé. En plus petit et plus doux. ça crache un peu, mais moins. D’ailleurs, Sylvie possède aussi quelques lamas, mais la plupart de ses 80 bêtes sont des alpagas. Des suris, à poil lisse, assez rares, ou des huacayas, bien épais, molletonnés, comme des nuages. On a envie de s’assoupir dessus… Des noirs, des blancs, des gris (plus rares) ou des appaloosa, tachetées, comme les chevaux…

Sylvie a son ranch depuis 15 ans

« Je vends la laine. Je travaille avec un tondeur professionnel ». À côté du bâtiment des alpagas, on peut visiter le magasin de laine de Sylvie et repartir avec des pelotes toutes douces. « Mais la laine, ce n’est pas le cœur de mon activité, ça ne rapporte pas tant que ça ».

Qu’est-ce qu’on peut bien faire avec un alpaga ? Du lait ? « Non, le lait, on le garde pour leurs bébés ». De la viande ? « Non, ce n’est pas autorisé en France. Je vends les alpagas et les lamas. La plupart du temps à des particuliers. Souvent pour entretenir les terrains. Ils débroussaillent très bien, sont jolis, doux et discrets ».

On accompagne Sylvie pour nourrir les animaux, pour les soigner.

« L’alpaga est extrêmement sociable. Il vit en groupe. Il ne peut pas rester seul, il a besoin des autres. Et avec les humains, ça se passe très bien ». C’est vrai que quand Sylvie nous amène au milieu des animaux, en intérieur ou dans les prés, on se balade au milieu sans les effrayer, et eux ne nous effraient pas du tout non plus. Ils sont calmes, zen. Pas de problème pour faire visiter aux enfants des écoles voisines.

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Au milieu, on croise un cheval. « Ça c’est ma vieille jument. Comme elle ne supporte pas d’être seule, je lui mets quelques lamas avec elles dans son pré. C’est les punis, en quelque sorte ». On accompagne Sylvie pour nourrir les animaux, les soigner. Une des alpagas doit mettre bas sous peu, Sylvie est attentive. Il n’y a pas de nom pour le bébé alpaga. Pas d’alpagateau, ou d’alpagounet. Une femelle a un enfant par an quand elle est en forme. La période de gestation est de 11 mois, et 6 mois pour le sevrage. Ça prend du temps, c’est pas l’usine, on vit au rythme des saisons. L’été, ils ont très chaud, et l’hiver très froid, normal. En Amérique du sud, leur milieu naturel, l’amplitude de température n’est pas aussi importante.

Les alpagas à la cool

« J’ai des reproducteurs, je les garde, deux lamas et cinq alpagas en ce moment. Apollon, Eros… » Car les alpagas portent des petits noms. Pour la première lettre, Sylvie se calque sur les années des chevaux. Leur nom de famille ? De la Tille, pour tout le monde. Noblesse. Les mâles sont sur un autre terrain à part, plus loin dans la pampa, pour ne pas trop emmerder ces dames (Fraisia, Gazelle, Gwendie…) entre les périodes de reproduction. Sylvie a gagné plusieurs concours (comme pour les vaches) avec ses bêtes. Elle nous présente quelques champions avant de partir.

Ils sont pas mal ici les alpagas, y’a de la place, des potes, des câlins, à manger pour tout le monde. À la cool. Rendez leur visite, ça leur fera plaisir. Et ça vous donnera l’impression d’avoir voyagé.

Texte : Antoine Gauthier
Photos et vidéo : Édouard Roussel

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