La combe Lavaux et le sentier qui tue !

C’est le chemin le plus réputé des randonneurs bourguignons, reliant Dijon à Nuit-Saint-Georges par les hautes côtes et les combes. On ne s’est jamais vraiment aventuré en Bourgogne si on n’a pas fait le sentier du Batier. Au moins un petit peu, parce que franchement… il est pas facile, mais permet plein d’alternatives plus sages et toutes aussi belles qui jalonnent son parcours.
La combe Lavaux

Le sentier a été créé en 1955 par Félix Batier, un ancien président du CAF (Club Alpin Français) Côte-d’Or et Morvan, qui lui a donné son nom. Pour ne pas parcourir l’intégralité des 51 kilomètres du sentier (évalués à 2 jours de marche), il est possible d’accéder au Batier par différents endroits pendant le trajet. On choisit de l’attaquer par la Combe Lavaux. La Combe Lavaux, c’est magnifique. Elle part juste derrière les vignes de Gevrey-Chambertin pour remonter sur Chamboeuf, dans les hautes côtes. Plein soleil de printemps qui lèche nos visages, grosse envie, équipement au top : on est chauds. À nous le Batier !

« Le batier, c’est pour les vrais randonneurs.
On le fait pour s’entraîner au Mont Blanc »

On commence par la combe. Une combe, pour les non-initiés, c’est une vallée qui pénètre dans un plateau pour finir par y remonter, comme un fjord sans eau qui rentrerait dans le plateau calcaire des hautes côtes. La Bourgogne en compte des centaines. Dès 500 mètres de plat, on rejoint le fameux sentier sur la gauche, tout est parfaitement bien indiqué, le Batier porte la couleur jaune, on ne peut pas se perdre… On nous indique un « passage délicat ». En effet, en 30 mètres, on est dans un pierrier, une montée à 60 % de dénivelé. Pendant vingt minutes… On doit s’accrocher aux branches d’arbres qui survivent dans cet environnement vertical. On glisse, on fait tomber des pierres. Arrivé en haut, j’ai le souffle coupé, je suis asphyxié… J’ai 13 ans et je viens de finir le cross du collège. Dur.

Hé oui ! On ne s’aventure pas n’importe comment sur des sentiers comme ça. On se renseigne. Le Batier, c’est du sport. C’est pour les vrais randonneurs. C’est un sentier qui a été tracé pour faire du dénivelé, 2000 mètres de dénivelé exactement sur le parcours, ça ne rigole pas. Le sentier trace tout droit sans se soucier des combes et des plateaux. Le Batier sert de terrain d’entraînement pour le massif du Mont Blanc. Quand tu as fait le Batier, tu peux aller sur le Mont Blanc. C’est le seul moyen d’avoir autant de dénivelé en Bourgogne, ça a été créé pour.

Le Batier, versant sud
« Sur le versant sud, c’est la Provence ! »

En haut du « passage délicat », la décision s’impose d’elle-même : c’est bon, le Batier, c’est fait, voyons un peu les autres sentiers balisés. Ce qui est intéressant dans le hautes côtes, c’est que beaucoup de sentiers ont été tracés par le CAF, les parcours s’entrecroisent : des sentiers durs, faciles, longs, courts, des boucles pour revenir sur ses pas sans faire demi-tour. Il y en a pour tout le monde, pour tous les niveaux, toutes les envies. On opte au premier croisement pour le sentier Bernard Quarteaux, qui tourne autour et domine la combe Lavaux.

Cet itinéraire correspond plus à notre niveau et notre état de forme. Deux heures de balade. Ça reste un peu physique, on n’y va pas en tong, mais c’est du « tout niveau ». Sur le versant nord, on fend la forêt moussue dans une ambiance de conte pour enfant. On a pensé y croiser Hansel et Gretel avec un sac Quechua. Après une petite descente jusqu’au fond de la combe et une traversée de la route, dont les virages attirent les motards de la région, on remonte sur le versant sud. La végétation change grâce au soleil. Du buis, des petites fleurs… c’est la Provence ; on se croirait presque dans la garrigue, en bord de falaise.

On croise quelques randonneurs mais ce n’est pas l’autoroute non plus, et le panorama est remarquable. On voit de Gevrey jusqu’à Chamboeuf. En un coup d’œil, on aperçoit vignes, forêts et grandes herbes des hautes côtes, le tout arrosé de soleil. On a pris la bonne option. Une belle balade, plutôt facile bien que sportive, à deux pas des vignes. On se ferait bien une petite descente de cave en repartant, histoire de ramener un carton de six…

Texte : Antoine Gauthier
Photos : DR

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *