Kiss my deudeuch : l’Auxois n’a jamais été plus beau qu’en 2CV

« Quatre roues sous un parapluie », c’est avec cet argument publicitaire que la 2CV est née. À la base créée pour les familles aux revenus moyens, elle est devenue au cours des années un modèle iconique, symbole d’une pop culture à la française. On ne va pas vous la jouer Dominique Chapatte dans Turbo, mais nous aussi on a conduit une deudeuch dans l’Auxois.

Bim ! Le bolide est rutilant.

Il fait beau en ce début mai, un printemps radieux s’offre à nous et la balade en 2CV de ce jour tombe à point nommé. Direction l’Auxois pour parler petite cylindrée avec Jérémy et Lucie, qui proposent une expérience originale.

L’Auxois n’a rien d’un hasard. Jérémy et Lucie sont les propriétaires du Domaine-Spa des Prés Verts, et ont choisi cet endroit pour sa position géographique exceptionnelle. « Le domaine est situé au cœur de trois paysages très différents ; à la croisée des chemins entre la côte de Beaune et ses vignes, des châteaux médiévaux de l’Auxois, et aux portes du parc du Morvan ».

Effectivement, fallait y penser : un espèce de crossroad parfait, sauf que là on ne vend pas son âme au diable au fin fond du Mississippi. Les possibilités de balades sont multiples et au volant de notre bonne vieille 2CV, on a le choix des armes, comme dans les vieux jeux vidéo de bagnoles où tu pouvais choisir la plage, la forêt ou la ville. Fortiche !

Lucie et Jérémy, devant leur deuch’

Jérémy nous confie que les excursions en 2CV marchent fort. Il a lancé son activité en 2011 et propose les balades depuis 2013. « La 2CV, c’est un véhicule authentique, en lien avec la région (les usines PSA de Sochaux, ndlr). Ça rappelle des souvenirs aux plus anciens et cela permet aux jeunes de la découvrir ».

Personnellement, je n’ai jamais eu l’occasion d’en conduire mais quand j’en ai parlé à mon entourage, personne n’a évoqué de nostalgie, on m’a même confié que c’était un enfer à conduire. Je suis pour ma part plutôt adepte de cette nostalgie pour les vieilles choses et je comprends bien la démarche bucolique de ces balades. Surtout que Jérémy et Lucie proposent une formule avec un panier garni, histoire de se faire une pause pique-nique dans une clairière. Summum du détail, des glacières électriques ont été mises en place dans le coffre afin d’éviter les coups de chaud. Pas de craintes à avoir non plus sur la qualité de la marchandise : pas de sandwich Daunat à l’horizon, Jérémy et Lucie travaillent avec des producteurs locaux !

Outre la balade en 2CV, vous pourrez profiter d’un pique-nique

Pimp my deudeuch

Observons notre bolide. Au rayon tuning, Jérémy a fait installer des enceintes à l’intérieur du véhicule, reliées à son smartphone, on peut se faire une playlist 2CV et fendre l’air. Enfin pas trop vite quand même… Avec ses quatre vitesses, on est pas à bord d’une Mustang non plus.

Au coeur du bolide

Il est d’ailleurs temps pour nous de prendre place au volant de la bestiole. Au niveau du confort, on est bien, la banquette est généreuse. Pour le reste, eh bien, c’est rudimentaire ! On a tellement l’habitude des plastiques infâme de nos voitures que l’on oublie vite le rapport organique avec les matériaux à l’état brut, ce qui est fort agréable. C’est parti mon kiki ! Première impression,  je peux vous dire que le pommeau de vitesse à l’ancienne, situé sur le tableau de bord, est loin d’être évident. Après quelques minutes de mise au point, on cruise comme Tom.

Jérémy nous avait prévenu. « Les gens ont une sympathie pour ce véhicule, ce n’est pas rare que les gens vous klaxonnent ou vous saluent ». Et effectivement, après quelques minutes au volant, cela ne manque pas ! Il faut quand même faire attention et regarder devant soi, surtout que la tenue de route est -comment dire- à l’ancienne.

De Paris à l’Auxois, il n’y a qu’un pas

Après avoir repassé le volant à Jérémy, je lui pose quelques questions sur le pourquoi de son activité, et je découvre que malgré sa petite trentaine d’années, je suis assis à côté d’un homme aux milles vies : école hôtelière de Paris, école de commerce, créateur d’une webradio, réalisateur à Europe 1 pour les matinales de Marc-Olivier Fogiel… Une vie bien remplie à l’opposée de la gestion d’un domaine spa dans l’Auxois.

Jérémy est tombé amoureux de la Bourgogne. « J’étais animé par l’esprit cabane, je cherchais un endroit avec des arbres afin de m’en construire une pour moi ». La vie a fait le reste. Les attentats du Bataclan ont été la limite de cette abnégation parisienne. Un changement s’est imposé à ce moment-là, et la cabane s’est développée en un business florissant, ou rien n’est laissé au hasard et tout destiné au bien-être des clients.

On continue notre conversation, tranquillement installé dans la 2CV, et je me dis que c’est ça aussi l’esprit deudeuch. Le confort peut paraître spartiate, on sent les aspérités de la route mais on s’y sent bien. Une certaine convivialité et un esprit sympathiquement désuet se dégagent de ce véhicule. Aujourd’hui, la 2CV est un des véhicules de collection les plus prisés des Français. Si vous voulez acquérir la voiture des gendarmes de Saint-Tropez, cela vous coutera tout de même la bagatelle de 10.000€, par contre si vous voulez juste faire un tour et vous faire plaisir, vous savez ce qu’il vous reste à faire !

Texte : Julien Rouche
Photo : Édouard Roussel

Pour essayer la balade en 2CV en toute liberté avec Jérémy, ça se passe ici. 

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *