En vélo électrique dans la côte de Beaune

À un journaliste qui demandait à Winston Churchill le secret de sa longévité, l’Anglais débonnaire répondit « no water, no sport ». Si ce cher Winston a vu juste, alors faire une virée dans les vignes de la côte de Beaune sur un de ces vélos à assistance électrique devrait faire de vous un centenaire. On ne transpire pas une goutte de sueur,  on ne boit pas d’eau et en prime on profite du paysage.

Il y a mille façons de découvrir la côte de Beaune et ses collines rayées de vignobles. On peut l’explorer en 2CV, la survoler en montgolfière et même se faire promener en minibus de cave en cave. Catherine, Florian et Guillaume, de l’agence Bourgogne Evasion, proposent quant à eux de sillonner la route des vins en vélo électrique. L’idée est plutôt judicieuse : l’engin passe partout et ne demande pas trop d’effort physique.

Entre le Clos des Mouches et les Boucherottes, on frôle ces appellations qui excitent les papilles et la spéculation.

« Nous sommes une agence de voyage réceptive, explique Catherine Brossais avec un insoupçonnable accent polonais. Pour faire simple, notre agence propose des circuits oeno-touristiques à vélo et des randonnées pédestres dans tous les vignobles de France. Nous louons 300 vélos, dont trente électriques, que les gens réservent au gré de leur envie. Ça peut être une prestation très simple : circuit en autonomie ou un circuit guidé sur une demi-journée. Pour ceux qui le souhaitent, on propose aussi des réservations pour une journée, jusqu’à une semaine, même un mois pour les touristes qui voudraient faire le tour de la Bourgogne à vélo. » On n’en demandait pas tant, une demi-journée devrait suffire pour commencer. Deux options s’offrent alors aux mollets des cyclistes : soit partir en autonomie avec un itinéraire à suivre grâce à un GPS ou se faire promener par un guide. Après bien des cogitations, on opte pour la deuxième option.

En selle

Depuis quelques années, les cyclistes urbains s’enthousiasment pour le vélo électrique. « C’est vrai que ça devient une tendance assez forte, poursuit Catherine Brossais. Tout le monde veut essayer, voir comment ça fonctionne, si c’est confortable et pratique. Et disons qu’en vélo électrique, tout est plus simple ». De prime abord, le vélo, avec sa batterie, parait plus lourd et on se dit qu’on va souffrir pour grimper les côtes. Mais une fois en selle et dès le premier coup de pédales, la magie opère : sans forcer, il accélère sans un bruit. Attention, ce n’est pas une moto, pour avancer il faut quand même pédaler. En filant entre les cabotes et les murets de la route des vins, on s’étonne d’avoir les mollets de Bernard Hinault : grimper un raidillon n’est plus un problème. Aucun effort, pas une goutte de sueur, rien. Deux minutes plus tard on est déjà dans les vignes, direction Pommard par les petites routes et les chemins qui se délassent entre les clos et les parcelles. Entre le Clos des Mouches et les Boucherottes, on frôle ces appellations qui excitent les papilles et la spéculation. 

Balade viticole

Pour ce qui est de l’ivresse de la vitesse, le vélo électrique est un peu décevant. Passé les 25 km/h l’assistance électrique s’arrête et il devient difficile de dépasser les 30 km/h. Après tout qu’importe, on est là pour apprécier le paysage. À perte de vue, les collines de Beaune déclinent leurs couleurs automnales. Çà et là dans les rangs, quelques vignerons s’affairent à éclaircir les ceps. Finalement, on arrive à rattraper le groupe guidé par Florian à Pommard juste avant la dégustation. En débouchant une bouteille d’aligoté, le guide, affable, explique aux touristes, tous étrangers, comment se déguste un verre de vin en distillant des explications sur les domaines, les appellations et leurs singularités. Si quelqu’un avait eu la judicieuse idée de ramener un saucisson, cette aprem’ aurait eu l’air d’un pique-nique dominicale.

Le vélo électrique, une vraie tendance chez les usagers

Le baptême arrosé, il faut remonter en selle. Pas bien longtemps car à Pommard la tentation est grande de visiter quelques caves pour y faire des emplettes. La route qui monte vers la montagne Saint Désiré en met plein la vue : les vignes dans la pente qui s’en vont jusqu’au premier faubourg de Beaune.  En rentrant, on double un papy qui peine dans la côte. Lui, dans son bleu de travail qui pédale pour de vrai, à l’ancienne. Bizarrement, on se surprend à le regarder passer comme une curiosité, un pilier de la résistance à la facilité électrique. Mais lui aura probablement des crampes, nous pas.

Texte et photos : Edouard Roussel

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