Earth, Wind and Fire : on a testé le tournage de terre !

Knock, knock ! Oui ? C’est qui ? C’est Happy Bourgogne pour remplir vos longs week-ends d’hiver avec des activités indoor moins crevantes qu’un foot-salle, et plus sympa qu’un aprèm dans une zone commerciale. On est parti tourner la terre comme des pionniers, à l’ouest. Bon, l’ouest de Dijon mais l’ouest quand même. à côté de Sombernon, à Fontenette pour être précis.

Je vous arrête tout de suite, le tournage de terre ne consiste pas à bêcher comme un dingue. Non ! C’est le nom savant (et juste) pour parler de la poterie. Une initiation de 3h en accéléré pour manipuler l’argile, créer un bol, un cendrier, un pot de fleur ou une amphore ! Emmanuel Chevrel nous attend dans son atelier pour nous initier au tournage de terre.

Je serais Patrick Swayze et tu seras ma Demi !

Personnellement, à part cette image d’Épinal du film Ghost, avec cette scène sensuelle entre Patrick Swayze et Demi Moore, je n’y connais rien en tournage de terre. Il faut d’ailleurs savoir que lorsque le film est sorti, les inscriptions dans les stages de poterie ont augmenté de 4000% en Californie. Je demande à Emmanuel si des personnes viennent encore grâce (ou à cause) du film, mais apparemment l’aura du long métrage a disparu avec le temps.

Toujours est-il que, dès les premières minutes du tournage de terre, on ne peut être que choqué par l’aspect sensuel de cette activité. Emmanuel nous le confirme. « C’est doux et c’est bon pour la peau ! ». En plus, on tourne local, car on utilise de la terre de Puisaye pour notre toute première création. Emmanuel nous glisse un autre avantage sur l’utilisation de la terre : « Il n’y a pas de perte ; tant que c’est pas cuit, c’est réutilisable ». La matière première, ce n’est pas ce qui coûte cher en poterie !

Petit Biscuit

On travaille les balles de terre à 4 mains, avec Emmanuel, le temps de comprendre les mouvements basiques. « Le tournage est technique, cela nécessite du temps pour découvrir cette pratique ». Nous travaillons sur une forme basique, une sorte de bol à thé. Je comprends rapidement que le tournage de terre nécessite de la concentration mais surtout permet de se vider la tête de tous les tracas du quotidien.

Une fois la première étape finie, une phase de cuisson est nécessaire, on va « biscuiter » le bol à 1000 degrés, c’est à dire le faire cuire comme un biscuit ! On peut s’arrêter après cette étape pour un bol brut, mais on peut aussi passer à une autre étape, le tournassage, qui va permettre d’affiner l’objet, d’ajouter des finitions, etc. Enfin, on peut aussi rajouter une étape pour la décoration de notre objet, en y rajoutant de l’émail par exemple. Emmanuel nous le confie volontiers : « Le tournage de terre, c’est un processus très lent, cela va un peu à l’encontre à notre époque actuelle ».

Tu connais la différence entre le tournage de terre et la céramique ?

C’est le genre de question qui peut faire la différence et vous faire briller en société. La céramique est considérée comme une activité plus large et plus artistique contrairement à la poterie, ou tournage de terre, qui est liée davantage à l’artisanat. De la même façon, le travail de la faïence est considéré comme une activité cousine de la céramique. On finit tranquillement notre séance en papotant avec Emmanuel sur ces différences de nomenclature et sur l’inspiration des Japonais sur la poterie (le raku) et la céramique.

Comme le tournage de terre requiert de la patience, nous ne partons (malheureusement) pas avec notre bol, il faudra revenir un autre jour pour le récupérer cuit. Eh oui, la poterie ça se mérite !

Texte : Julien Rouche
Photos et vidéo : Edouard Roussel

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