Chalon à l’heure bleue : la plus belle raison d’arpenter les bords de Saône

Chalon à l’heure bleue sonne comme une chanson d’Etienne Daho, une balade entre soleil et crépuscule, entre ville et faubourg, entre fleuve et terre à la tombée du jour.

Chalon-sur-Saône, c’est le chef lieu de la Saône-et-Loire, un carrefour fluvial stratégique pour les Romains, un haut-lieu de la photographie ou encore une des capitales du spectacle vivant avec Chalon dans la rue. Mais la ville possède également des aspects moins connus qui ne demandent qu’à être découverts, notamment ses quais, son port de plaisance et l’île Saint-Laurent avec son ancien hôpital. Le rendez-vous est pris avec Birgit Wallborn sur le pont Jean Richard. Elle sera ma guide pour cette visite originale de Chalon, à l’heure bleue, côté fluvial. Birgit est affable et un véritable puits de savoir sur la ville. Chalon-sur-Saône est une ville trop méconnue. Hors son histoire photographique via Nicéphore Niépce, elle a connu un rôle central à toute époque de part sa géographie stratégique. Il n’y a qu’à traverser le pont Jean Richard pour s’en rendre compte, avec les stigmates des chantiers navals, fleuron de la ville au début du 20ème siècle, qui fabriquaient alors des sous-marins à la pointe de la technologie.

Une tour qui surveille la ville

Au fil de l’eau nous rejoignons l’île Saint-Laurent où trône fièrement la tour du Doyenné. Une tour construite pour le doyen au XVème siècle, permettant de surveiller la ville. Après la révolution française, la tour étant en désuétude, un antiquaire autrichien l’a déconstruite pierre par pierre pour la vendre. Drôle d’idée me direz-vous. Toujours est-il que cet Autrichien a fait banqueroute quelques années plus tard. Étonnant ! Un riche Américain né à Chalon l’a achetée et a voulu la rendre à sa ville natale, à condition qu’elle soit valorisée. Depuis, elle trône sur l’île et arbore fièrement le drapeau français.

Pérégrination sur l’île Saint-Laurent et son ancien hôpital

Nous continuons vers la coulée verte de Chalon-sur-Saône et son petit port de plaisance qui propose la location de bateaux pour se balader sur le fleuve. Sur l’île Saint-Laurent, on retrouve l’ancien hôpital de l’île construit à proximité de l’eau pour les patients. Cet hôpital, qui n’est plus en activité, attend une réfaction imminente pour des projets culturels. Nous rejoignons une rue commerçante remplie par des restaurants, qui fut un temps des auberges et qui garde quelques stigmates d’une place de choix pour les marchés de fourrures à la croisée des chemins à l’époque de l’empire. Nous finissons notre pérégrination sur l’île en passant par le pont Saint-Laurent, construit pendant l’ère romaine et détruit par les allemands en 1944. Il fut reconstruit après la guerre, en respectant les prérogatives de navigabilité.

Niépce, superstar de Chalon-sur-Saône

En revenant, sur les quais, du côté du centre-ville, le coucher de soleil a inondé la ville et donne ses lettres de noblesses à la Saône. Pause devant la statue de Nicéphore Niépce, Chalon superstar, héros de la photographie cependant bien moins connu que son homologue Daguerre qui a commercialisé, via son daguerréotype, les ancêtres de nos appareils photos. J’apprends au passage que Niépce fut, avant d’être l’inventeur de la photo, un ingénieur responsable d’inventions fluviales, notamment de moteurs afin que les bateaux puissent remonter le courant. Comme quoi, l’apposition du mot Saône à Chalon n’a rien d’un hasard…

Le port Villiers, pour rejoindre Lyon au XIXème siècle

Le Soleil se couche peu à peu, nous rejoignons la civilisation et regagnons le cœur de ville pour finir sur les marches du port Villiers, construit au milieu du XIXème siècle afin que les voyageurs puissent monter dans les coches d’eau qui descendaient alors jusqu’à Lyon. En 1850, 449.000 voyageurs se déplaçaient chaque année sur le fleuve dans les bateaux à vapeur. C’est ça aussi Chalon à l’heure bleue : s’imaginer d’autres temps, comprendre l’architecture d’une ville qui a évoluée au fil des ans…

Il est d’ailleurs temps pour moi de dire au revoir à Birgit, qui a encore des dizaines d’histoires à vous révéler sur sa ville d’adoption. Sa bonne humeur et son entrain m’ont permis de découvrir un Chalon que j’ignorais, chargé d’histoire et de poésie. Chalon à l’heure bleue est une façon originale de découvrir une ville, en se laissant porter par le flot de l’eau et de ses nombreuses histoires…

Texte et photos : Julien Rouche

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