On a suivi la route du rhum à Dijon, dans les bars…

Vieux rhums, rhums ambrés, rhums blancs, ti punchs, planteurs, cocktails type mojito ou caïpirinha… Ce qui pouvait sembler exotique il y a seulement 5 ans est devenu un classique du comptoir. Comme on est courageux et qu’on sait que vous êtes curieux, on a testé les bars à rhums de Dijon pendant une soirée.

La Bourgogne, c’est le vin, d’accord. C’est le meilleur vin du monde ? Ok, d’accord, bien entendu. Mais bon, ce serait une grossière erreur de penser que les Bourguignons ne se nourrissent que de jambon persillé et de vin. En Bourgogne on sait boire, tout simplement. Et depuis quelques années, on peut remarquer, comme on a l’habitude de fréquenter ce qu’on appellera les lieux de sociabilité, que le rhum a pris une belle place dans les habitudes locales.

Faites votre choix…

En ville, faut voir à ne pas prendre la bagnole quand on fait ce genre de tournée. C’est vélo… au début. Après, à pied. Presque tous les bars de Dijon proposent du rhum à la carte, et la plupart une sélection de vieux rhums. On a testé un panel de bars réputés pour leurs rhums ou leurs cocktails à base de rhum. La sélection n’est naturellement pas exhaustive… On n’aurait pas pu faire une tournée de 45 établissements, ce n’est pas humainement possible. On a dû arrêter quand on était cuits.

Senteurs d’agrumes au coucher du soleil…

On commence donc ce soir de printemps par la Péniche Cancale. Il fait beau, on ne va pas s’enfermer. C’est la meilleure terrasse de Dijon. Comme c’est la spécialité maison, on se laisse tenter par le planteur. Rhum blanc – jus de fruits – épices : recette secrète. C’est frais, sucré, doux. Avec une petite pointe de « reviens-y ». La terrasse est blindée de monde, on profite des derniers rayons du soleil en sirotant notre verre et en jetant un coup d’œil au programme de la Cancale qui est aussi un lieu de concert, de danse, un restaurant…

Le pont de la Péniche Cancale à Dijon… une valeur sûre

Et ce soir à la Péniche Cancale, c’est spécialité végé, on regrette de ne pas rester mais faut continuer la route, on ne peut pas s’arrêter à la première étape. On goutte quand même un vieux rhum avant de partir. La maison en a quelques-uns. Du classique Diplomatico au plus original. On teste un rhum de l’île Maurice, le Beach House, aux senteurs d’agrumes. Excellent. Pas trop fort, pas trop sucré, idéal pour commencer.

« Au Barberousse, on jette notre dévolu sur un Prohibito méxicain de 12 ans d’âge et un Barbancourt haïtien de 15 »

On pousse nos montures jusqu’au Barberousse pour continuer, rue Jean-Jacques Rousseau, en plein centre-ville. C’est le seul bar vraiment estampillé « bar à rhum ». Barberousse est une chaîne : né à Grenoble, le concept s’est exporté dans une quinzaine de villes de France, dont Dijon.

Au Barberousse… ambiance pirate

Dans une ambiance bateau-pirate chiadée, des dizaines de jeunes sont là pour faire la fête. Car l’établissement est un lieu de fête plus qu’un lieu de dégustation. Barberousse possède pourtant la carte de rhum la plus massive de la ville. Une quarantaine de références pour les esthètes, de 3 à 49 euros le verre. Martinique, Dominique, Haïti, Japon, Cuba, la Barbade… On voyage. On passe sur les rhums arrangés qui font fureur avec les shooters des kids. On se concentre sur les vieux rhums.
L’accueil est sympa. Julien et Mike nous expliquent comment déguster le rhum, repérer les saveurs, nous font sentir les bouteilles, nous filent les codes et nous servent une petite planche de flammekueche, parce qu’on commence à sentir les effets du breuvage…

Faites sonner les cloches du Barberousse !

On jette notre dévolu sur un Prohibito mexicain de 12 ans d’âge et un Barbancourt Haitien de 15. Exquis. On trouve même un petit graphique qui nous explique où situer les rhums en fonction de leur goût au moment de la commande. Côté fête, plus tard le soir, les serveurs enflamment le bar, les gens se prennent en photo avec la tablette mise à disposition, et enchaînent les shooters en jouant avec une pelle et un casque… On se prend au jeu. On est est sérieux dans le travail.

Du côté de la place de la République…

On file de l’autre côté de la place de la République, rue Parmentier, à la Casa del Mojito. Avec un nom comme ça, se présentant comme le représentant local du cocktail roi des soirées, on ne pouvait pas esquiver. Jorge, le patron, vient de Cuba, et il a ouvert il y a quelques années un club latino. Musique et clips, communauté latino au comptoir, et lights qui tournent. On peut y prendre des cours de salsa. Il organise aussi des dégustations de rhum. Ici, en fait, on sert surtout des cocktails à base de rhum. Cuba libre et mojito à gogo. Et des variantes : mojito mangue, miel, cherry… On teste celui au gingembre. C’est dangereux car c’est tout doux et extrêmement désaltérant. On est à deux doigts de commander des Perrier quand Jorge nous offre des rhums arrangés maison. Sympa.

À la Casa del Mojito, vers la place de la République

« On arrive au bout de notre route du rhum, ici Pointe à Pitre. Dijon c’est les tropiques »

On titube jusqu’à l‘Alchimia dans le quartier des Antiquaires, plein centre, ce sera la dernière étape, faut pas abuser non plus, on a une santé… On vient y goûter la Caïpirinha, servie dans des petits pots avec des bouchons et des pailles, au cas où tu renverses tout, vieux crado. Le rhum n’est pas la spécialité de ce café-galerie-concert, mais les petits cocktails sont au poil. Bon…. on prend  quand même un verre d’eau en arrivant. Et on se relance avec du Ti-punch et des Caïpirinhas.

L’Alchimia, un café-galerie du quartier des Antiquaires

Ça rafraîchit, on a très chaud. Je pense qu’à ce stade, nos papilles sont un peu abîmées, donc on ne se risque pas sur les vieux rhums de la maison. On reste sur la fraîcheur tout en discutant sur la petite terrasse. On est au bout de notre route du rhum, ici Pointe à Pitre. Dijon c’est les tropiques. De l’apéro jusqu’au bout de la nuit, d’une ambiance relax jusqu’à un dancefloor enflammé. On peut naviguer sur la route du rhum à Dijon. On était à 100 mètres de chez nous, heureusement.

L’abus d’alcool est dangereux pour la santé.

Texte : Antoine Gauthier
Photos : Edouard Roussel

 

 

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