Tais-toi et rame : on a testé une balade en canoë sur la Saône

Auxonne est une charmante bourgade de la plaine de Saône. Ce n’est pas la ville à laquelle on songe en premier quand on parle de tourisme en Bourgogne, et pourtant, on va vous prouver aujourd’hui que c’est une destination idéale pour chiller cet été.

À l’assaut de la Saône…

D’ailleurs pour couper court à tout débat sur la prononciation de la ville, source de discussion inépuisable en Bourgogne, sachez que l’on prononce {Aussone} et non pas {Auksone} comme nous le faisons d’usage depuis le 18ème siècle. Le sujet est tellement clivant que la mairie prononce avec le « s », tandis que la SNCF fait ses annonces avec le « ks ». Un débat qui fait encore couler beaucoup d’encre donc…

Lis « kayak » à l’envers, pour voir…

Ce ne sont pas des questions étymologiques qui nous amènent à Auxonne aujourd’hui, mais plutôt une envie de découvrir la ville sur l’eau via la Saône. Et quoi de mieux qu’une balade en canoë pour apprécier les beaux contreforts de la ville ? Cela tombe bien, la base nautique d’Auxonne, située en peu avant le pont principal à l’entrée de la ville, permet de louer canoë et kayak (le célèbre palindrome) pour une somme modique de 12€ pour 2h de kayak et 18€ pour un canoë.

Souvent, on explique que la principale différence entre les deux engins, c’est que le kayak se pratique seul tandis que le canoë se pratique à deux. Alors que c’est faux ! On peut très bien pratiquer le canoë seul et le kayak à deux. La vraie différence réside dans l’usage de la pagaie : on utilise la pagaie double en kayak contre des pagaies simples en canoë. C’est surtout au niveau historique que les deux pratiques diffèrent, puisque le kayak était une embarcation créée et utilisée par les Inuits pour aller chasser tandis que le canoë est une embarcation amérindienne issue d’Amérique du nord. Toute une différence de style donc, mais revenons à nos moutons…

Le canoë dont vous êtes le héros

Après avoir mis les gilets de sauvetages obligatoires ainsi que la crème solaire vivement conseillée pour éviter les coups de soleil tapageurs sur l’eau, nous voilà partis sur la Saône. En autonomie, plusieurs choix se présentent à nous. En aval de la base nautique, on peut rejoindre le cœur de ville, ses remparts et son barrage à aiguille. En amont, direction Lamarche-sur-Saône avec une balade plus nature pour observer la faune et la flore. J’observe enfin en face de nous un petit bras de la Saône un peu plus sauvage. Clement Tissier, le gérant de la base m’explique qu’il s’agit d’un bief, un bras du fleuve un peu plus sauvage qui évolue sur une petite centaine de mètres.

On commence naturellement par le côté ville, afin de voir les remparts et surtout le barrage à aiguille, vestige d’une époque révolue. En vérité, un nouveau barrage automatisé a été mis en place récemment mais la ville a conservé l’ancien barrage jugé bien plus pittoresque. En bifurquant à gauche après le barrage, ou plutôt à bâbord si on respecte le langage nautique, on retombe sur le canal de Bourgogne où les bateaux de plaisanciers affluent. Priorité de taille oblige : nous les laissons poliment passer accompagné d’un geste, amical bien sûr, de la main.

La mangrove

En remontant vers le bief cité en amont, on se retrouve dans un tout autre univers. J’ai l’impression de me retrouver dans une mini mangrove : l’Indonésie à portée de mains. Les arbres se couchent littéralement sur le fleuve et la végétation est plus dense. La manipulation du canoë en est un peu plus complexe mais bien plus excitante. Après un peu plus d’une centaine de mètres parcourus tels des aventuriers perdus, nous sommes obligés de faire demi-tour : un tronc d’arbre imposant nous oblige à rebrousser chemin.

Vive les éco-pagayeurs

Il est temps pour nous de revenir à la base. En discutant avec Clément à notre retour, il nous explique qu’un parcours éco-pagayeur d’une demi-journée est possible. « Les éco-pagayeurs partent de Lamarche-sur-Saône, un village un peu plus en amont et redescendent la rivière sur 12km. C’est très bon moyen pour découvrir la faune et la flore à son rythme et pourquoi pas s’arrêter pour faire un pique-nique en chemin ». La base nautique est ouverte tout l’été et constitue un bon plan balade sur l’eau afin de se rafraîchir en se dépensant à la fois… Car n’oubliez pas qu’il faudra tout de même pagayer !

Texte : Julien Rouche
Photos : Edouard Roussel

Bonus : une expérience similaire à tester sur Happy Bourgogne, du côté du lac des Settons !

 

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